Catégories
Actualité

Bavaz x CRIMEAPPLE : La devise internationale

Le rappeur Bavaz, anciennement Bazoo a convié CRIMEAPPLE, pour une connexion US d’exception. Sorti fin septembre, le clip fait étalage de rimes ciselées dans une ambiance poisseuse, s’inscrivant dans la scène drumless.

Bazoo , passif du marché 

La foisonnante émulation du début des années 2010 a fait bien des heureux. De nombreux pratiquants de l’art de la métrique new-yorkaise eurent l’occasion de surgir en parallèle d’une émulation trap qui dominait la scène française. Parmi ceux-là, un certain Bazoo. Originaire du 11e arrondissement de Paris, il se démarquait déjà en croisant le vers avec Vald ou la scène toulousaine. Ses influences américaines transpiraient par chaque pore, à chacune des sorties sur des faces b, entre name drop, rimes et placements ciselés.

Il se contente déjà peu de la simple assonance, si appréciée à l’époque, et martèle ses couplets d’allitération comme le faisait l’école Anfalsh. Alors, quand, il annonce sa retraite en 2018, le signe de la fin d’une époque semble poindre. Une scène laisse place à une autre. Jusqu’à ce que cela le démange de nouveau. 

Change à terme 

Revenu sous le nom de Bavaz, le membre de Salfrom a depuis fourni son auditoire en masse. Entre nouveau projet abouti, différents featurings avec ses acolytes du label CMF , il ne lui manquait qu’un aboutissement pour le faire sortir pleinement de sa retraite prématurée : une collaboration américaine.

Fervent auditeur de rap américain et d’un style clairement new-yorkais, Bavaz ne pouvait pas être autre chose qu’un amateur de CRIMEAPPLE. Meilleur partenaire du mythique DJ Muggs (Cypress Hill) depuis quelques temps, le MC du New Jersey est un savant alliage d’influence chicanos et de la crasse new-yorkaise. Un superbe partenaire de jeu pour notre Salfrom parisien. Et après différents partages de ce dernier de clip du rappeur d’origine colombienne sur ses réseaux, la collaboration est sortie dernièrement.

Monnaie internationale

La passe d’armes prend place sur une production de Goune. Le rappeur-producteur toulousain (évoqué précédemment pour son solo Ricky Martin) livre ici la manufacture dont il est le spécialiste. La production y est dépouillée, mais suffisamment fluctuante afin que les deux rappeurs déroulent. Entre phrasés hachés et roulements, les deux MCs dévoilent un festival de technique.

Pour l’occasion, Bavaz a préparé ses meilleurs enchaînements d’allitération. Le flow y est plus aéré, il multiplie les jeux de mot et menaces. La forme la plus aboutie de son style, qu’on peut retrouver sur un morceau comme « Chargeurs Infinis ».

« Repose en paix Virgil Abloh quoiqu’en dise les gens méchante ville ou ville méchante
Drogue et piquette rendent fou les charclos personne vise les jambes
Fuck les pipelettes qui jouent les Pablo comme l’étiquette en d’sous du tableau chuis une p’tite légende »

Bavaz

CRIMEAPPLE attaque avec un flow plus soutenu, fournissant sans doute un de ses meilleurs couplets, malgré une cadence toujours élevée cette année. Il joue avec les rimes, n’atterrissant pas toujours dans les fins de phases que la rythmique fait attendre. Les passages hispaniques ne font qu’enrichir le tout.

« We make the shit you can listen to when you getting coins »

CRIMEAPPLE

Les dernières collaborations US/ FR mettaient en avant plus le prestige du rappeur cainri convié que la qualité du couplet. Ce featuring Bavaz x CRIMEAPPLE montre que le rapprochement entre la scène française et étatsunienne est toujours possible. Cette voie à suivre est à travers le prisme de l’indépendance et de la compétitivité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *